L’ère des robots ?

Bruno-bonnell_image-gaucheLe récent ouvrage de Bruno BONNELL[1] sur les robots est remarquable à plus d’un titre. Il permet de faire un tour d’horizon passionnant et plaisant (pas techniciste) de l’histoire et de l’univers des robots de services. Il aborde les opportunités économiques, d’emplois et d’innovation qu’offre la robotique de services et qui semblent sous-estimées en France et en Europe. Mais il est également, une anticipation sur la recomposition de la relation homme/machine qui interpelle le système éducatif et les systèmes de formation.

En effet en abordant le rôle fonctionnel que les robots peuvent occuper et la façon dont les concepteurs de robots travaillent, Bruno BONNELL soulève des questions très pertinentes sur les compétences et la façon dont les savoirs humains et les performances des robots peuvent s’agencer. Avec des exemples concrets on découvre qu’il peut y avoir une multitude de robots plus ou moins sophistiqués.

robot-13Cette sophistication repose sur des analyses fonctionnelles qui interpellent les experts métiers et une singularité technologique qui repose sur le fait qu’un robot mobilise trois dimensions techniques indissociables :

  1. Une unité programmable pour raisonner ;
  2. Des capteurs pour analyser l’environnement ;
  3. Des actionneurs pour interagir avec le monde extérieur (des membres, des outils articulables, des haut-parleurs, des rayons lasers, etc.).

Cette caractéristique confirme les hypothèses sur les combinatoires de compétences que les industries de service modernes vont devoir déployer et qui vont exiger un haut niveau de compétence technique, une expertise en matière de services et des compétences de designer. Il faut des équipes pluridisciplinaires et pluri-technologiques pour activer la production de robots en France (ce qui percute nos cloisonnements traditionnels dans le champ éducatif et sectoriel). Sur ce plan l’auteur souligne avec juste raison que « rien ne pourra néanmoins être mis en place à grande échelle dans notre pays sans la volonté politique d’introduire des robots dans l’enseignement. ». Cette remarque interpelle la culture académique et la formation des enseignants.

rallye_005L’auteur ouvre également la voie aux innovations pédagogiques comme cela se fait dans certains pays asiatique : « une enquête auprès de professeurs ayant déjà utilisé des robots dans un cadre pédagogique a conclu que les robots sont des outils efficaces d’apprentissage, plus immersifs que les ordinateurs et qui tissent un lien émotionnel avec les élèves. Ils ne se contentent plus de regarder par la fenêtre de l’écran des simulations virtuelles mais apprennent à agir sur le réel. ». L’ouvrage permet en effet d’identifier l’apport des robots dans toute une série d’activités et de métiers mais il favorise aussi une prise de conscience sur les suites de la révolution pédagogique amorcée par les TIC et les ressources numérisées… Le robot, par exemple, peut optimiser toutes les démonstrations qui combinent théorie (il peut dialoguer) et pratique (il peut agir concrètement) et remédier à certaines limites de l’ordinateur (écran) ou des univers virtuels.

Paul Santelmann, Responsable de la Prospective à l’AFPA.

 


[1] Viva la robolution – JC Lattès – 2010.

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