Le travail industriel à l’ère du numérique

La Fabrique de l’industrie vient de publier une note de Thibaut Bidet-Meyer et Louisa Toubal qui porte sur les enjeux d’une politique ambitieuse permettant d’articuler la transition numérique et la modernisation de l’industrie. Cet ouvrage apporte de nombreux éléments de réponse aux questionnements sur les compétences nouvelles, les organisations de travail, les innovations technologiques et les systèmes d’acteurs concernés par cet enjeu.

 

Lien : http://www.la-fabrique.fr/fr/publication/travail-industriel-a-lere-numerique/

Extraits du résumé introductif de l’ouvrage :

La transition vers l’industrie du futur représente un défi majeur pour les entreprises. Elle repose sur de nouveaux modes de production qui permettent de fabriquer dans un temps plus court, plus proprement, parfois « sur mesure » à la demande des clients, et d’offrir de nouveaux services. Les débats sont très focalisés sur la dimension technologique de ces transformations alors que les enjeux humains et organisationnels sont tout aussi importants. Dans la majorité des cas, ces derniers ne sont abordés que sous l’angle quantitatif, réduits à la persistante question de l’impact de l’automatisation sur l’emploi. Il est tout à fait légitime de s’interroger sur le volume des emplois touchés par les transformations industrielles mais il faut veiller à ce que les prévisions les plus pessimistes ne deviennent pas des prophéties auto-réalisatrices.

Les mutations technologiques et organisationnelles sous-jacentes affectent le contenu des tâches incombant aux salariés et leurs compétences requises. L’industrie française ne pourra monter en gamme et s’extraire d’une compétition basée sur le coût des intrants (énergie et matières premières, services achetés et surtout coût de la main d’oeuvre) que si elle s’engage résolument dans cette transformation. Au-delà du développement et de l’appropriation des technologies nécessaires, elle devra s’appuyer sur des collaborateurs qualifiés, capables d’acquérir de nouvelles compétences au fil des évolutions technologiques. Ces derniers devront en outre travailler dans des organisations plus mouvantes, moins hiérarchiques et reposant sur une communication beaucoup plus dense.

C’est un défi pour les individus, qui devront acquérir lors de leur formation initiale puis tout au long de leur vie les compétences techniques et relationnelles nécessaires. C’est un défi pour les entreprises, qui devront attirer les talents et investir beaucoup plus qu’aujourd’hui dans la formation permanente de leurs employés. C’est un défi pour les territoires et les États, qui devront anticiper les mutations et accompagner les personnes dont les tâches sont transformées ou l’emploi menacé pour les aider à acquérir les compétences leur permettant de rester actifs.

Cinq modalités d’action peuvent aider à réussir cette transition :

1. Anticiper et accompagner les mutations au niveau des territoires

2. Anticiper l’impact du numérique sur l’organisation des entreprises

3. Développer les compétences numériques et transversales dans la formation initiale

4. Organiser la formation tout au long de la vie

5. S’appuyer sur les technologies numériques d’apprentissage

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