Toujours plus de temps pour aller au travail !

Plusieurs études régionales de l’INSEE font état d’une hausse des distances parcourues par les personnes pour aller à leur travail. Ainsi en 2013, deux tiers des actifs en emploi de la région Grand Est se déplacent hors de leur commune de résidence pour aller travailler. L’augmentation du nombre de navetteurs s’accompagne d’un accroissement des distances parcourues pour aller travailler. En 2013, les navetteurs à plus de 30 minutes de trajet en voiture de leur lieu de travail représentent 26,3 % de l’ensemble des navetteurs, frontaliers exclus, contre 22,8 % en 1999. Au contraire, les déplacements les plus courts, de moins de 15 minutes, concernent 28,3 % des navetteurs en 2013, soit 4,4 points de moins qu’en 1999.

En 2013, parmi les 1 110 500 actifs qui occupaient un emploi en Bourgogne-Franche-Comté, 710 500 quittent leur commune de résidence pour aller travailler. Ainsi 64 % des actifs en emploi de cette région effectuent des navettes quotidiennes, une proportion comparable à la moyenne nationale et qui situe la Bourgogne-Franche-Comté au 7e rang des treize régions métropolitaines. Depuis 1999, la part de ces navetteurs a augmenté de 7,4 points, davantage qu’au niveau national (+ 5,8 points). La même année, parmi les 2 236 000 habitants du Nord-Pas-de-Calais-Picardie qui avaient un emploi, 1 586 400  d’entre eux quittaient leur commune de résidence pour aller travailler. Avec 70,9 % de navetteurs parmi ses actifs occupés, c’est dans cette région que les déplacements qui ont lieu quotidiennement entre domicile et travail, sont les plus fréquents, devant l’Île-de-France (69,1 %) et la Normandie (68,2 %).

En Centre-Val de Loire c’est la moitié des actifs qui parcourent plus de 14,8 kilomètres, soit une progression de 2,5 kilomètres par rapport à 1999, contre 1,6 kilomètres au niveau national. Dans cette région, la hausse des distances parcourues quotidiennement résulte de l’augmentation de la part de navetteurs effectuant des trajets compris entre 20 et 50 kilomètres au détriment de ceux parcourant moins de dix kilomètres. La part des navetteurs effectuant de courtes distances a en effet diminué de sept points en quatorze ans.

Cette hausse des distances et des temps de déplacement est massive et témoigne de l’insuffisante coordination entre les politiques du logement, des transports, de l’environnement et de l’emploi. Ainsi la politique foncière de la France des 36 000 communes offre un paysage fragmenté et contrasté mais dont le dénominateur commun tient dans la difficulté à articuler la politique du logement résidentiel fortement marqué par l’accès à la propriété et le développement territorial des entreprises.

Cette situation est caractérisée par plusieurs paradoxes où la diminution du temps de travail se voit altérée par l’augmentation des temps de transport à but professionnel et où le recours accentué à la voiture vient contredire les tentatives de baisse de la facture énergétique. Un autre paradoxe tient à la sous-utilisation des potentialités du numérique appliquées aux différentes formes de télétravail.

Tous ces constats militent pour une nouvelle conception de la ville et de la vie collective autour d’une imbrication harmonieuse des lieux de vie, des espaces de travail et de formation et des lieux de loisirs. Le débat est ouvert…

Paul Santelmann, Directeur de la Veille « emploi & qualifications » à l’AFPA

Un commentaire pour “Toujours plus de temps pour aller au travail !”

  1. Afpa Web TV – PROD » Archive du blo... dit :

    [...] Plusieurs études régionales de l’INSEE font état d’une hausse des distances parcourues par les personnes pour aller à leur travail. Ainsi en 2013, deux tiers des actifs en emploi de la région Grand Est se déplacent hors de leur commune de résidence pour aller travailler. L’augmentation du nombre de navetteurs s’accompagne d’un accroissement des distances parcourues pour aller travailler. En 2013, les navetteurs à plus de 30 minutes de trajet en voiture de leur lieu de travail représentent 26,3 % de l’ensemble des navetteurs, frontaliers exclus, contre 22,8 % en 1999. Au contraire, les déplacements les plus courts, de moins de 15 minutes, concernent 28,3 % des navetteurs en 2013, soit 4,4 points de moins qu’en 1999.  [...]

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