Le devenir des étudiants en BTS

Une étude publiée par la revue de l’INSEE (Economie  & statistiques n° 478/479/480 – 2015) concernant l’insertion d’un panel d’étudiants sortants des sections de technicien supérieur (STS) mérite une attention particulière. L’étude en se focalisant sur la valeur ajoutée du diplôme en matière de qualité de l’insertion apporte des éclairages très intéressants sur la portée du BTS dont l’objectif d’accès à l’emploi est supposé s’inscrire dans l’alimentation des professions et qualifications intermédiaires. lien : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ES478B.pdf

L’étude compare trois populations entrées en STS entre 2002 et 2004 et n’ayant pas continué leurs études : les étudiants n’ayant pas accédé à la 2ème année de BTS, les étudiants ayant échoué aux épreuves à la fin de la 2ème année, les étudiants ayant obtenu le diplôme. Trois après leur sortie de STS les constats sont les suivants :

1) Un an après la fin de leurs études il n’y a guère de différence entre les trois groupes d’étudiants qui sont entre 81 % et 83 % en emploi. L’apport du diplôme dans les trois premières années d’accès au marché de l’emploi n’est guère significatif et à la troisième année les diplômés sont 91 % à avoir un emploi contre 87 % pour les non diplômés (2ème année) et 81 % pour les « décrochés » de 1ère année. Par contre il y a un certain avantage pour les diplômés en termes de qualité de l’emploi exercé (voir point 3)

2) Les étudiants qui ont décroché en 1ère année ou ayant échoué au épreuves du diplôme sont plus souvent issus d’un bac professionnel mais la possession de ce diplôme garantit une insertion dans l’emploi supérieure de 6 points à celle des titulaires de Bac généraux ou technologiques. Cette situation, un peu inattendue et insuffisamment approfondie par l’étude, vient conforter notre hypothèse défendue dans des chroniques précédentes qu’il est temps de mieux articuler le professionnel et le technologique en formation initiale.

3) L’accès aux professions intermédiaires par la voie du BTS est minoritaire : trois ans après leur sortie de STS, 52 % des diplômés, 60 % des non diplômés (2ème année) et 73 % des « décrochés » de 1ère année sont ouvriers ou employés. Cette situation (confirmée par d’autres études du CEREQ) illustre deux phénomènes : d’une part l’élévation du niveau de recrutement pour de nombreux emplois d’ouvriers et d’employés qui nécessiterait des approfondissements, d’autre part l’exigence d’une expérience professionnelle antérieure pour exercer de nombreux emplois intermédiaires ce qui confirme l’importance d’une politique de formation et de certification promotionnelle pour alimenter ces emplois.

4) L’effet diplôme est surtout perceptible et significatif dans les filières de la production (BTS industriels) alors que pour les jeunes ayant préparé un BTS des services, les diplômés n’ont pas véritablement d’avantage en termes d’accès à l’emploi ou de qualité de l’emploi. Le seul avantage très marginal tient dans la stabilité de l’emploi (une proportion de CDI ou de statut fonctionnaire un peu plus importante pour les diplômés). L’importance de l’obtention du diplôme dans le champ de la production confirme également les besoins en compétences intermédiaires dans ce secteur assortis d’exigences techniques évidentes que garantit la réussite des épreuves du BTS.

5) Enfin la préparation d’un BTS par la voie de l’alternance favorise indubitablement l’insertion dans l’emploi : ainsi les jeunes filles ayant suivi leur BTS en alternance ont une probabilité d’accès à l’emploi à temps plein supérieure de 12 points aux autres étudiantes.

Cette étude montre toute l’importance d’une réflexion globale et combinée en matière d’analyse de l’impact des certifications que ce soit en formation initiale ou en formation qualifiante post-scolaire. A quand le même type d’analyse systématique concernant les adultes sortis des cursus qualifiants en cours de vie active ?

Paul Santelmann, Directeur de la Veille pédagogique à l’AFPA

 

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