La formation des chômeurs en clair/obscur…

Selon la DARES, en 2011, 566 000 demandeurs d’emploi sont entrés dans un des différents dispositifs de formation mis en œuvre par les Conseils Régionaux, Pôle Emploi, l’Etat, l’UNEDIC, l’Agefiph, les collectivités locales et les OPCA (fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels)… Certains demandeurs d’emploi ayant bénéficié de plusieurs formations c’est 648 000 entrées en formation qui ont, en fait, été enregistrées… Un chiffre qu’il faudrait pouvoir rapporter au flux annuel des inscriptions comme demandeur d’emploi et non à un « stock » moyen annuel (ce qui donne l’impression d’un taux d’accès des chômeurs à la formation de 20,3 %)… Ainsi en fin 2011 environ 210 000 demandeurs d’emploi étaient en formation, soit 7,4 % des personnes au chômage au sens du BIT. Par ailleurs cet état des lieux souffre de l’absence de données quantitatives et qualitatives indispensables à la compréhension de cet enjeu social et économique qu’est la formation des chômeurs.

Lien : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2013-027.pdf

L’étude de la DARES fait état d’un inventaire impressionnant de dispositifs, de durées et d’objectifs de formation liés à la multiplicité des financeurs et prescripteurs qui disposent, pour chacun d’entre eux, de plusieurs mesures de formation. Cette diversité est accentuée par les différents systèmes de certification et de rémunération des chômeurs en formation ainsi que par les particularismes des politiques régionales. Il est paraît donc nécessaire de s’interroger sur les conséquences de cette situation ainsi que sur l’absence de données relatives au nombre, au financement et aux caractéristiques des opérateurs de formation concernés.

On peut également  soulever la question de l’accès des chômeurs à la formation par tranche d’âge dans un pays qui privilégie l’effort de formation en début de vie active. Selon l’étude, la répartition des chômeurs en formation selon ce critère (tout financeur confondu) était la suivante en 2011 :

- Moins de 26 ans : 41 %

- Entre 26 et 45 ans : 43 %

- 45 ans ou plus : 16 %

Or la répartition par tranche d’âge des demandeurs d’emploi (catégorie A) s’organise selon les statistiques mensuelles fournies par la DARES comme suit (moyenne des données 2012 et 2013) :

- Moins de 25 ans : 17 %

- Entre 25 et 49 ans : 62 %

- 50 ans et plus : 21 %

En dehors du fait qu’on n’utilise pas les mêmes tranches d’âge dans les deux types d’études, on mesure la très forte tendance à privilégier l’accès à la formation des jeunes demandeurs d’emploi sans que l’étude nous fournisse la répartition des types de formation selon cette approche. Compte-tenu du poids des formations de moins de 3 mois (50 % tout financeur confondu et 78 % des formations de Pôle Emploi) par rapport aux formations de 6 mois ou plus (26 %), il n’est pas anodin d’identifier l’âge des chômeurs qui bénéficient :

- des formations courtes d’adaptation qui privilégient l’accès ou le retour rapide à l’emploi

- des formations certifiées visant à des reconversions professionnelles de fond (acquérir un niveau de qualification supérieur, apprendre un nouveau métier)

- des formations d’acquisition de compétences spécialisées ou transverses enrichissant l’employabilité des chômeurs.

Dans les arbitrages à venir en matière de formation des chômeurs toutes ces questions devront être prises en compte, encore faut-il en maîtriser les données…

Paul Santelmann, Responsable de la veille « Emploi & qualifications » à l’AFPA

 

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