Innovations technologiques et formation

Les phénomènes d’innovation au sein des entreprises font l’objet de nombreuses études (notamment de l’INSEE et du SESSI[1]) qui sont insuffisamment appropriées dans l’univers de la formation professionnelle. Entre 2002 et 2004 54 % des entreprises industrielles de 10 salariés et plus s’étaient engagées dans des innovations de produit ou de procédé, d’organisation ou de marketing. Les entreprises innovantes représentaient 79 % du chiffre d’affaires total de l’industrie.  Entre 2008 et 2010, au moment de la crise, c’est 56 % des entreprises de ce secteur qui développaient une politique d’innovation (dont 18 % en produits nouveaux pour le marché).

Avant la crise, le différentiel de croissance de l’emploi entre entreprises innovantes et non innovantes était très fort dans les IAA, fort dans les industries de biens intermédiaires et d’équipement, faible dans les industries de biens de consommation et l’industrie de l’automobile où prévalait plutôt le gain en matière de productivité. Pendant la crise, l’innovation technologique s’est maintenue dans l’industrie (40 % des entreprisesconcernées) sachant que structurellement le nombre d’entreprises industrielles est en baisse.

Sur les deux périodes on constate que les innovations technologiques sont confrontées à de nombreux obstacles :

- 28 % des sociétés connaissent des difficultés d’ordre financier (coûts d’investissement élevés et difficiles à amortir notamment dans le contexte de crise). Les innovations technologiques entrainent des nouveaux équipements en machines, matériels ou logiciels.

- Le deuxième frein (22 % des entreprises) est lié aux incertitudes des marchés et de la demande.

- L’innovation technologique est également entravée (17 % des entreprises) par des insuffisances en termes de compétences et d’information sur les technologies. 61 % des entreprises impliquées dans des innovations technologiques ont été amenées à former leurs salariés et ont engagé des activités de R & D.

Quel rôle des organismes de formation ?

Dans la période antérieure à la crise, la plupart des innovations nécessitait des ajustements en matière de compétences des salariés et il paraissait déjà important d’étudier la relation innovation/compétences. A l’époque 25 % des PME industrielles de moins de 50 salariés indiquaient que les manques de compétences techniques de leurs salariés étaient un frein à l’innovation.

Il faut souligner que les entreprises innovantes (56 % d’entre ellescontre 21 % des entreprises non innovantes) mobilisent fortement en interne ou en externe les compétences du numérique et de la communication (conception de sites WEB, développement de logiciels, arts graphiques). Les compétences liées aux TIC apparaissent comme un élément majeur de développement et leur faible pénétration dans certains secteurs et professions s’avèrent désormais comme un frein à l’innovation.

L’usage des TIC s’impose comme  le principal moteur de l’innovation car il relève à la fois de nouvelles logiques d’ordre technologique, communicationnelle mais aussi organisationnelle. Les compétences TIC doivent être appréciées de façon transverse et combinées à d’autres compétences. Cela milite pour un redéploiement transverse des formations TIC dans les modules de formation de type industriel et technique plutôt que de s’en tenir à des formations TIC spécifiques.

Paul Santelmann, Responsable de la Prospective à l’AFPA



[1] Carmen Clément et Claire Lelarge « L’innovation dans l’industrie, une contribution forte à la croissance de la productivité globale », Le 4 pages du SESSI, décembre 2006. Christian Cordelier « Les innovations dans les services marchands : avant tout liées aux nouvelles technologies », INSEE Première n° 1130, mars 2007. Anthony Bouvier « innover pour résister à la crise ou se développer à l’export », INSEE Première n° 1420, Octobre 2012.

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