Un regard paritaire sur la compétitivité…

n-goUn groupe de travail paritaire (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et CGPME, MEDEF, UPA) a réalisé une étude parue en juin 2011 traitant de la compétitivité française. Ce type de travaux permet de mesurer les points de convergence des partenaires sociaux sur l’économie et l’emploi et d’avoir quelques signaux sur les questions de formation professionnelle. Le rappel de l’importance de la compétence et la qualification des salariés comme éléments essentiels de la compétitivité (page 29) ou de la nécessité de rééquilibrer les arbitrages entre le soutien au travail peu qualifié et celui au travail qualifié, à plus forte valeur ajoutée est salutaire dans cette période de crise où les leviers de la relance viendront de l’innovation et de la recherche/développement. Lien (les clés du social) : http://clesdusocial.com/france/fr22-economie/Approche-competitivite-francaise.htm

images (3)Le groupe de travail insiste sur la synergie nécessaire entre les modernisations et notamment l’importance de l’économie numérique et de la qualité de l’organisation du travail et des relations de travail qui conditionnent l’engagement professionnel des salariés (page 28). De même l’individualisation accentuée du rapport à l’emploi et à la performance suppose un renforcement du dialogue social sauf à prendre le risque d’un « relâchement de la cohésion de l’entreprise » (page 29).

L’étude souligne les retards importants de la France dans la diffusion et l’usage des TIC : « en 2010, seulement 58 % des entreprises françaises avaient un site internet, contre 84 % en Allemagne et plus de 80 % dans les pays scandinaves. De même, seulement 13 % des entreprises françaises utilisaient les TIC dans leurs relations avec leurs fournisseurs et leurs clients (!!!). Le rapport pointe aussi la difficulté du système administratif français à s’adapter au numérique et à recourir à « l’e-administration » (page 48) ce qui suppose aussi d’inverser la tendance à la multiplication et à la superposition des réglementations.

20060920En ce qui concerne l’usage de la formation le groupe de travail fait quelques recommandations et préconisations bienvenues qui rappellent le lien entre formation et compétitivité. Notamment le rappel de la nécessité pour chaque salarié de pouvoir progresser d’au moins un niveau de qualification au cours de leur vie professionnelle, quel que soit le niveau de qualification… (page 30).

Dans le cadre d’une croissance durable liée à l’économie verte, « le développement d’une politique active de formation et de reconversion pour réussir la mutation nécessaire des emplois, des métiers et des compétences » (page 50).

La faible utilisation de l’atout de notre démographie qui nous permet d’avoir des nouvelles générations plus nombreuses que dans la plupart des autres pays de l’Union européenne est pointé par l’étude. C’est en effet un vrai paradoxe que d’avoir cet atout et le plus faible taux d’activité des jeunes d’Europe !

3d20art20-20technology20meets20nature_KRlrO_54Le rapport insiste en conclusion sur l’importance de comprendre l’innovation dans son acception la plus large et pas seulement en termes de haute technologie. « L’innovation doit concerner l’ensemble des organisations, publiques ou privées (…) mais aussi les relations entre acteurs économiques. Cette innovation sociale est la condition de l’efficacité et de la capacité d’adaptation des entreprises aux mutations en cours dans le monde qu’exige la compétitivité ». (page 54)

Paul Santelmann, Responsable de la prospective à l’AFPA

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